9 Mar 2020

Bonne tenue de l’emploi au Canada et aux États-Unis avant le virus

Marché de l’emploi stable en février avant l’alerte au virus

La croissance de l’emploi est demeurée robuste le mois dernier, avec un gain net de 30 300 emplois, tous des postes à temps plein dans le secteur privé. Le taux de chômage a augmenté légèrement, à 5,6 %, ce qui reste moins qu’un an plus tôt et près des plus bas niveaux des dernières décennies. La croissance des salaires a de nouveau été solide, son taux annuel de 4,1 % étant nettement supérieur à l’inflation.

Ces données décrivent toutefois l’activité économique passée. Elles pèseront peu pour les marchés financiers à l’heure où ils font une fixation sur les répercussions croissantes du coronavirus. Ainsi cette semaine, la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont décrété d’importantes réductions des taux d’intérêt.

Les données démontrant la bonne tenue du marché du travail en février ne doivent pas surprendre. Les rapports précédents sur la confiance des consommateurs et des entreprises révélaient une étonnante résilience le mois dernier, malgré les perturbations causées par les barrages ferroviaires et les craintes soulevées par le coronavirus à l’étranger. Cependant, la grève des enseignants ontariens a entraîné une réduction des heures travaillées dans le secteur des services éducatifs.

La Colombie-Britannique et l’Ontario ont subi les plus fortes pertes d’emplois le mois dernier. Leur taux de chômage a augmenté sensiblement, le nombre de chercheurs d’emploi ayant augmenté. Le Québec, où l’emploi progresse nettement depuis des mois, a encore gagné 20 000 emplois. Son taux de chômage a baissé jusqu’à 4,5 %, le plus bas niveau depuis au moins 1976. Pour la première fois de l’histoire récente, le Québec avait le plus faible taux de chômage au Canada (voir le tableau ci-dessous), délogeant la Colombie-Britannique.

En février, les perturbations causées par le coronavirus étaient concentrées en Chine. Les importations chinoises au Canada auraient baissé en janvier, selon des données publiées séparément aujourd’hui. La baisse serait toutefois attribuable aux produits finis (téléphones cellulaires), et non aux intrants industriels.


Les données de février sur l’emploi aux États-Unis ont aussi été publiées aujourd’hui. Elles révèlent une solidité considérable. L’emploi a grimpé, et le taux de chômage a baissé jusqu’à 3,5 %, égalant le niveau le plus bas depuis un demi-siècle. Les données n’ont pas empêché une fuite des marchés financiers vers les valeurs refuges, les investisseurs s’inquiétant des retombées potentielles du virus pour l’économie. Le rendement à 10 ans des titres du Trésor a baissé de 20 points de base, à 0,74 %, et le S&P 500, de 2,6 % – ce qui porte le recul pour le mois jusqu’à présent à 11,6 %. Le rendement à 5 ans des titres du Trésor n’est plus que de 0,56 %.Les marchés financiers canadiens ont connu une évolution semblable. Les obligations à 5 ans du gouvernement du Canada se négociaient ce matin à 0,65 %, contre 1,69 % au début de l’année (voir le graphique ci-dessous). Le marché des obligations gouvernementales est en chute libre. Le TSX a reculé de 8,32 % dans le dernier mois. Les prix du pétrole sont en forte baisse, perdant 16,7 % sur la même période. Les prix de l’or sont en revanche nettement en hausse, ce qui confirme sa qualité de valeur refuge.

En somme : Les marchés prédisent actuellement que les taux à un jour continueront de baisser, après que la Fed et la Banque du Canada ont réagi décisivement. Une autre réduction est escomptée lors de la réunion du 15 avril de la Banque du Canada. La Fed baisserait à nouveau le taux à sa prochaine réunion régulière, le 18 mars.

Cela étant, il est difficile de prévoir jusqu’où la tendance se poursuivra, ou pour combien de temps. Le meilleur conseil est d’éviter la vente sous le coup de la panique. En ce qui concerne le marché du logement, les taux d’intérêt réduits rendent l’habitation plus abordable. Le gouverneur Stephen Poloz, à la suite d’un discours prononcé à Toronto hier, a affirmé qu’il est vital de rétablir la confiance. Il a défendu la réduction de taux de 50 points de base de la Banque du Canada – la plus forte depuis plus de 10 ans – contre les critiques estimant qu’elle entraînera un endettement excessif des ménages. Il a soutenu que la réduction des taux augmentera les liquidités à la disposition des emprunteurs hypothécaires à taux variable et stimulera la confiance. Il croit que le virus pourrait ralentir la demande de logements, et que les mesures prises par la Banque éviteront une baisse dommageable du marché de l’habitation.

« En effet, a-t-il dit, une détérioration de la confiance des consommateurs réduirait naturellement l’activité sur le marché du logement. Dans un tel contexte, la baisse des taux d’intérêt ne créera pas d’effervescence sur le marché du logement, mais contribuera plutôt à le stabiliser. »

Il pourrait bien avoir raison, étant entendu que nul ne sait à quel point nous sommes près d’une pandémie. En tout état de cause, l’assouplissement monétaire constitue un tampon pour l’économie.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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