30 Mar 2020

La Banque du Canada du Canada réduit les taux de 50 pb, à 0,25 %

La Banque du Canada agit pour rétablir « la fonctionnalité des marchés financiers »

La Banque du Canada a abaissé aujourd’hui le taux cible du financement à un jour de 50 points de base pour le porter à 0,25 %. Cette décision non planifiée fait passer le taux directeur à sa valeur plancher. Elle a pour objectif de soutenir le système financier canadien et l’économie pendant la pandémie de COVID-19. (Voir le graphique ci-dessous.)Les tensions sur les marchés du papier commercial et des titres du gouvernement ont mené aux mesures d’aujourd’hui allant dans le sens de l’assouplissement quantitatif. Le Conseil de direction de la Banque se rencontre chaque jour pendant la crise de la pandémie. L’illiquidité du marché est un problème important. La Banque considère qu’il est fondamental. Les vastes achats d’actifs financiers sont destinés à améliorer le fonctionnement des marchés financiers.

Les primes de risque de crédit ont augmenté sensiblement depuis quelques jours. Les gens se tournent vers l’argent liquide. La liquidité s’est évaporée dans tous les marchés financiers, même les marchés garantis par le gouvernement, comme ceux des Obligations hypothécaires du Canada (OHC) et des obligations et bons du gouvernement du Canada. Le marché du papier commercial – utilisé par les entreprises pour du financement à court terme – est devenu non fonctionnel. La Banque effectue de vastes achats d’actifs financiers sur des marchés non liquides, pour améliorer le fonctionnement des marchés sur toute la courbe de rendement. Elle ne tente pas pour le moment de modifier la forme de la courbe, mais elle pourrait le faire à l’avenir.

Ses achats créeront la liquidité dont le système financier a tant besoin, pour que l’intermédiation financière puisse fonctionner. Le risque a augmenté, ce qui engendre la nécessité d’injections de fonds plus importantes.

Lors d’une conférence de presse aujourd’hui, la première sous-gouverneure Carolyn Wilkins a évité de spéculer sur les autres mesures que la Banque pourrait prendre à l’avenir. Interrogée à savoir jusqu’où les choses pourraient aller, elle a répondu que tout dépend de la résolution des enjeux de santé liés à la COVID-19.

La Banque abordera les perspectives économiques de son Rapport sur la politique monétaire lors de sa réunion régulière du 15 avril. En réponse à des questions, le gouverneur Stephen Poloz a affirmé qu’il est difficile d’évaluer les répercussions qu’aura l’arrêt de l’économie. Un cycle négatif de pessimisme est manifestement enclenché. Les réductions de taux de la Banque aident à réduire les versements mensuels sur les dettes à taux variable. Le gouverneur espère préserver la confiance des consommateurs et l’attente d’un retour à la normale.

La chute du prix du pétrole à elle seule justifierait que la Banque du Canada réduise les taux d’intérêt. L’urgence médicale de la COVID-19 et l’arrêt de l’activité aggravent sensiblement la situation. La politique monétaire peut seulement amortir le coup et éviter des problèmes structurels dans l’économie. Le taux à un jour de 0,25 % concorde avec les taux du marché le long de la courbe de rendement.

Des niveaux élevés d’endettement des ménages ont été une source de préoccupation dans le passé. L’assouplissement de la politique monétaire aidera à faire le pont jusqu’à ce que les problèmes de santé soient résolus. Le marché de l’habitation, selon Mme Wilkins, ne suscite plus de crainte d’endettement excessif de la part de ménages à court d’argent.

Pour le moment, la Banque n’envisage pas des taux d’intérêt négatifs. La politique monétaire n’a plus guère de marge de manœuvre, comme les taux d’intérêt sont déjà très faibles. Les entreprises étant à l’arrêt, des taux plus bas n’inciteront pas les consommateurs à dépenser.

La Banque continuera ses vastes achats de dettes pendant une période prolongée afin de fournir de la liquidité. Elle peut le faire pratiquement sans limite, autant que nécessaire. Les responsables des politiques pensent aussi à la période d’après la crise. Ils veulent que l’économie ait de bonnes assises pour la croissance, lorsque l’activité reviendra à la normale.

Des mesures de stimulation financière sont essentielles en ce moment. Le soutien du revenu récemment annoncé pour les personnes qui ne bénéficient pas de l’assurance-emploi est un filet de sécurité particulièrement important pour l’économie. Il y a de nombreux autres éléments de stimulation, et le gouvernement reste prêt à en faire davantage au besoin.

Le dollar canadien a faibli à la suite des plus récentes mesures d’urgence de la Banque. Il a aussi souffert lourdement de la chute des prix du pétrole. Le Canada est doublement frappé : par la pandémie et par la guerre des prix pétroliers entre l’Arabie saoudite et la Russie. La baisse du dollar canadien mène à une hausse des prix des importations. Cependant, la pandémie a perturbé le commerce, et les importations ont baissé.

La Banque du Canada a laissé entendre qu’elle rencontre les dirigeants des six grandes banques deux fois par semaine. Le coût des fonds a grimpé pour les banques. La SCHL leur achète de forts volumes de prêts hypothécaires, ce qui, combiné aux achats d’OHC par la banque centrale, renforcera la liquidité. Les banques sont bien capitalisées et solides. Il existe un niveau très élevé de collaboration entre la Banque du Canada et les six grandes banques.

Le marché boursier connaît trois bonnes journées

Depuis trois jours, comme l’indique le graphique ci-dessous, la Bourse de Toronto a récupéré une partie de ses pertes, alors que le Canada et les États-Unis annonçaient d’énergiques mesures de stimulation financière. En outre, la Banque du Canada a maintenant baissé les taux d’intérêt trois fois depuis un mois, d’en tout 1,5 point de pourcentage. La Réserve fédérale américaine en a fait autant dans la même période. La banque centrale, en plus d’abaisser le coût des emprunts, a annoncé récemment une série de mesures visant à injecter des liquidités dans le système bancaire et les marchés monétaires. Elle veut aussi s’assurer de pouvoir faire face à toute tension dans le système financier qui toucherait l’ensemble du marché.

Les difficultés économiques commencent à peine au Canada, par suite de la flambée du chômage et de l’arrêt de toute activité hormis les services essentiels. La situation est semblable aux États-Unis, où les demandes initiales d’assurance-chômage ont atteint un sommet historique de 3,8 millions. Le record précédent était de 685 000, pendant la crise financière d’il y a une décennie. Voilà qui donne une première indication d’une économie terrassée par le virus, et ce n’est pas fini. Tout ceci est inédit, mais les responsables des politiques continueront assurément de faire tout ce qu’il faut pour amortir le coup de la pandémie pour les consommateurs et les entreprises, et pour faire le pont jusqu’au retour à la normale.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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