4 Déc 2020

La deuxième vague ralentit encore la reprise de l’emploi au Canada en novembre

La deuxième vague ralentit la croissance de lemploi en novembre 

L’augmentation de lemploi encore ralenti en novembre, en raison de la deuxième vague de la COVID. Le taux de sans-emploi, 8,5 %, continue de baisser depuis son sommet de 13,7 % en mai. 

Les résultats de l’Enquête sur la population active (EPA) de novembre, publiés par Statistique Canada, révèlent une augmentation de 62 000 emplois, contre 83 600 en octobre – soit bien moins que le gain de 378 000 en septembre. Il s’agit de la plus faible augmentation mensuelle depuis six mois, quand l’économie a commencé à se redresser (voir le graphique ci-dessous). L’augmentation rapide des cas de COVID continue d’amortir la reprise.

Presque tous les nouveaux emplois du mois dernier sont à temps plein. Parmi les personnes qui ont travaillé à temps partiel en novembre, plus du cinquième (22,6 %; 808 000) voulaient un emploi à temps plein (30 heures ou plus par semaine), mais n’ont pas pu en trouver. Il s’agit d’une hausse de 5,2 points de pourcentage par rapport à 12 mois plus tôt. Des augmentations supérieures à la moyenne ont été enregistrées chez les hommes âgés de 25 à 54 ans (en hausse de 13,2 points de pourcentage pour atteindre 46,4 %).

Parmi les personnes qui ont travaillé au moins la moitié de leurs heures habituelles, 4,6 millions ont travaillé à partir de leur domicile en novembre, ce qui représente une hausse d’environ 250 000 par rapport à octobre. Ce nombre comprend 2,5 millions de personnes qui ne travaillent normalement pas à partir de leur domicile. Dans ce même groupe, le nombre de personnes travaillant à partir d’un endroit autre que leur domicile a diminué d’environ 100 000 pour s’établir à 12,2 millions.

Le taux de chômage était de 8,6 % en novembre, contre 8,9 % en octobre, soit bien en deçà du sommet de 13,7 % en mai.

Les hôpitaux et les écoles nourrissent la croissance de l’emploi dans le secteur public

Le nombre d’employés du secteur public a augmenté de 32 000 (+0,8 %) en novembre et a dépassé de 1,5 % son niveau de février, avant la COVID-19. Par rapport à un an plus tôt, le nombre de travailleurs du secteur public a progressé de 61 000 (+1,6 %), principalement en raison des hausses enregistrées dans les hôpitaux ainsi que dans les écoles primaires et secondaires (données non désaisonnalisées).

Le nombre d’employés du secteur privé a peu varié en novembre, mais il était inférieur de 411 000 (-3,3 %) à son niveau de 12 mois plus tôt. Cette baisse a été surtout prononcée dans les services d’hébergement et de restauration, tandis que l’emploi dans les services professionnels, scientifiques et techniques a augmenté (voir le graphique ci-dessous).

La croissance du nombre de travailleurs autonomes a stagné en novembre et ce groupe est demeuré le plus éloigné du niveau de novembre 2019 (-4,5 %; -131 000) et en février avant la COVID-19 (-4,7 %; -136 000).

L’emploi recule dans les activités de loisir et dans les services d’hébergement et de restauration

En novembre, l’emploi dans l’information, la culture et les loisirs a diminué de 26 000 (-3,5 %), ce qui représente la première baisse notable dans ce secteur depuis avril. L’emploi a reculé pour un deuxième mois consécutif au Québec, où les restrictions relatives aux rassemblements publics avaient été sensiblement resserrées la semaine de référence de l’Enquête sur la population active. À l’échelle nationale, l’emploi dans l’information, la culture et les loisirs était 10,5 % plus faible en novembre qu’il ne l’était en février (voir le graphique ci-dessous).

L’emploi dans les services d’hébergement et de restauration a reculé pour un deuxième mois consécutif, en baisse de 24 000 (-2,4 %) en novembre. La diminution est répartie entre l’Ontario, le Manitoba et le Québec. Dans les services d’hébergement et de restauration, près d’un employé sur dix (8,9 %) a travaillé moins de la moitié de ses heures habituelles en novembre – la troisième proportion en importance parmi l’ensemble des secteurs, derrière les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien (10,3 %) et le transport et l’entreposage (9,2 %) (données non désaisonnalisées).

De la mi-septembre à la fin du mois d’octobre, Statistique Canada a mené l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises pour recueillir des renseignements sur les perspectives d’avenir des entreprises. Près du quart des entreprises des services d’hébergement et de restauration (22,5 %) s’attendaient à une réduction de leur nombre d’employés au cours des trois prochains mois, plus du double de la moyenne de l’ensemble des entreprises (10,4 %).

Le commerce de détail enregistre une deuxième hausse consécutive de l’emploi

Dans le commerce de détail, l’emploi a progressé pour un deuxième mois consécutif, en hausse de 1,5 % en novembre (+32 000). La majeure partie de l’augmentation a été enregistrée en Ontario. Une interdiction du magasinage en personne chez les détaillants non essentiels est entrée en vigueur dans les régions de Toronto et de Peel le 23 novembre, après la semaine de référence de l’EPA. Les effets pourraient se refléter dans les résultats de l’EPA de décembre. Les résultats de décembre pourraient également permettre de mieux comprendre les effets du resserrement des restrictions dans d’autres provinces, comme au Manitoba et en Alberta.

À l’échelle nationale, la hausse de l’emploi enregistrée en novembre a porté le commerce de détail à 3,7 % près de son niveau d’emploi d’avant la COVID-19.

La croissance de l’emploi reprend dans la construction ainsi que dans le transport et l’entreposage

L’emploi dans la construction a progressé de 26 000 (+1,9 %) en novembre. Il s’agit de la première augmentation depuis juillet et elle est principalement attribuable à la hausse de 5,5 % (+28 000) enregistrée en Ontario. À l’échelle nationale, l’emploi dans la construction s’est situé 5,7 % en deçà de son niveau de février.

Après avoir fait une pause en octobre, la croissance de l’emploi a repris dans le transport et l’entreposage en novembre (+20 000; +2,1 %). La hausse est en grande partie attribuable aux augmentations enregistrées en Ontario et en Colombie-Britannique. Elle a ramené l’emploi dans ce secteur à 6,4 % de son niveau d’avant la COVID-19.

Les niveaux d’emploi dans la finance, les assurances, les services immobiliers, et les services de location et de location à bail sont maintenant supérieurs à ceux d’avant la COVID-19

L’emploi a augmenté pour un troisième mois consécutif dans la finance, les assurances, les services immobiliers, et les services de location et de location à bail, en hausse de 15 000 (+1,2 %). La récente croissance de l’emploi enregistrée dans ce secteur lui a permis de se redresser complètement, dépassant de 2,3 % son niveau de février.

L’emploi augmente dans les ressources naturelles pour un deuxième mois consécutif

Dans les ressources naturelles, l’emploi a progressé pour un deuxième mois consécutif. Il était en hausse de 3,1 % en novembre (+10 000), revenant à son niveau d’avant la COVID-19. La croissance d’un mois à l’autre s’est répartie presque également entre l’Alberta et la Colombie-Britannique. Les données des prochains mois relatives à ce secteur pourraient révéler les effets de la décision de l’Alberta de cesser de limiter sa production pétrolière en décembre, permettant aux producteurs d’utiliser la capacité disponible des oléoducs et d’augmenter l’emploi.

Les conditions du marché du travail varient selon la province

L’emploi a augmenté dans six provinces : en Ontario, en Colombie-Britannique et dans les quatre provinces de l’Atlantique. Le Manitoba a enregistré sa première baisse de l’emploi depuis avril, tandis que le nombre de personnes ayant un emploi ou une entreprise est demeuré stable au Québec, en Saskatchewan et en Alberta.

En novembre, les niveaux d’emploi à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick étaient revenus à leurs niveaux d’avant la COVID-19. L’emploi était le plus près des niveaux de février en Colombie-Britannique (-1,5 %), et le plus éloigné, au Manitoba (-4,8 %) et en Alberta (-4,9 %).

La croissance de l’emploi continue de ralentir dans le centre du Canada

Après avoir enregistré une hausse mensuelle moyenne de l’emploi de 3,1 % de juin à septembre, l’Ontario a connu un ralentissement de la croissance en octobre. Ce ralentissement s’est poursuivi en novembre. L’emploi a augmenté de 37 000 (+0,5 %), principalement dans le travail à temps plein. L’emploi dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Toronto a stagné en novembre après avoir progressé pendant cinq mois consécutifs. Le taux de chômage en Ontario a reculé de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 9,1 %.

La hausse de l’emploi la plus marquée a été enregistrée dans la construction, un secteur qui n’a pas été touché par les récentes restrictions. En même temps, des baisses ont été observées dans les services d’hébergement et de restauration dans le contexte du resserrement des mesures de santé publique à Toronto et à Peel.

Au Québec, l’emploi a peu varié pour un deuxième mois consécutif. Dans la RMR de Montréal, l’emploi a été stable pour un deuxième mois consécutif après avoir enregistré une hausse mensuelle moyenne de 3,8 % de mai à septembre. Le taux de chômage au Québec a diminué de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 7,2 %, par suite de la baisse du nombre de personnes mises à pied temporairement.

L’emploi a diminué dans les services d’hébergement et de restauration ainsi que dans l’information, la culture et les loisirs. La baisse a coïncidé avec la mise en place de mesures de santé publique ciblées depuis octobre. L’emploi a progressé dans les services professionnels, scientifiques et techniques.

La croissance de l’emploi se poursuit en Colombie-Britannique

Juste avant le début de la semaine de référence de l’EPA, qui s’est déroulée du 8 au 14 novembre, les autorités sanitaires Vancouver Coastal et Fraser ont imposé de nouvelles restrictions relatives aux rassemblements sociaux, aux voyages et aux gymnases et installations sportives intérieures, de même que de nouvelles exigences en matière de sécurité au travail liées à la COVID-19.

Malgré ces nouvelles restrictions, l’emploi en Colombie-Britannique a progressé de 24 000 (+1,0 %) en novembre. Cette hausse s’est ajoutée aux augmentations des six mois précédents (+335 000). La croissance enregistrée dans l’emploi à temps plein a été contrebalancée en partie par une diminution dans l’emploi à temps partiel. Plusieurs secteurs ont enregistré des hausses, y compris les services d’hébergement et de restauration, le transport et l’entreposage, le commerce de gros et de détail, ainsi que la construction. Le taux de chômage a reculé de 0,9 point de pourcentage pour s’établir à 7,1 %.

L’emploi a progressé (+1,2 %) dans la RMR de Vancouver, mais moins que les deux mois précédents.

Un plus grand nombre de personnes sont en emploi dans les provinces de l’Atlantique

Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont tous enregistré des hausses de l’emploi en novembre.

La Nouvelle-Écosse a enregistré la plus forte augmentation parmi les provinces de l’Atlantique, gagnant 10 000 emplois (+2,2 %) et poursuivant sa tendance haussière observée depuis avril. La croissance de novembre est principalement attribuable au travail à temps plein. Le taux de chômage a diminué de 2,3 points de pourcentage pour s’établir à 6,4 %, le taux le plus faible depuis mars 2019 et le plus faible parmi les provinces.

Le Nouveau-Brunswick a connu sa première hausse importante de l’emploi (+4 200; +1,2 %) depuis les augmentations marquées de mai et juin. La hausse de novembre est presque entièrement survenue dans le travail à temps plein. Le taux de chômage a reculé de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 9,6 %.

À Terre-Neuve-et-Labrador, l’emploi a augmenté pour un septième mois consécutif, en hausse de 2300 (+1,0 %) en novembre. Il a récupéré toutes les baisses enregistrées depuis février. Le taux de chômage a peu varié en novembre, s’établissant à 12,2 %. Les secteurs ayant connu des baisses de l’emploi au début de la pandémie, comme les ressources naturelles, la construction et la fabrication, ont enregistré de faibles augmentations au cours des mois suivants. Celles-ci ont contrebalancé les baisses enregistrées en mars et en avril. D’autres secteurs, comme les soins de santé, l’assistance sociale et les administrations publiques ont continué d’enregistrer des hausses de l’emploi au cours des derniers mois, dépassant leurs niveaux d’emploi de février.

Le nombre de personnes en emploi a aussi augmenté à l’Île-du-Prince-Édouard en novembre (+1000; +1,3 %), et le taux de chômage s’y est établi à 10,2 %.

Le Manitoba enregistre une baisse de l’emploi

L’emploi au Manitoba a reculé de 18 000 en novembre, et presque entièrement dans le travail à temps partiel. Il s’agit de la première diminution notable depuis avril. Elle coïncide avec les mesures de santé publique plus sévères qui sont entrées en vigueur au début de novembre pour la région métropolitaine de Winnipeg et au moment de la semaine de référence de l’EPA pour le reste de la province. La plus forte diminution de l’emploi a été observée dans les services d’hébergement et de restauration. Le taux de chômage a peu varié en novembre, s’établissant à 7,4 %, en raison de la baisse du nombre de Manitobains actifs sur le marché du travail.

L’emploi a peu varié en novembre en Saskatchewan et en Alberta. Au moment de la semaine de référence de l’EPA allant du 8 au 14 novembre, les deux provinces avaient largement évité de mettre en place des mesures de santé publique plus sévères. Le taux de chômage en Saskatchewan a augmenté de 0,5 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %, en raison du plus grand nombre de personnes à la recherche de travail. Le taux de chômage en Alberta a peu varié, s’établissant à 11,1 %.

En somme 

La reprise économique reste étroitement liée à l’évolution de la pandémie. La meilleure nouvelle du mois dernier est la mise au point de vaccins efficaces. Il reste à voir combien de temps il faudra pour les approbations et la distribution, mais il paraît assuré que la pandémie continuera de sévir cet hiver, puis connaîtra une accalmie saisonnière au printemps et à l’été. D’ici là, il faut espérer que la distribution du vaccin sera bien engagée. C’est dire que 2021 sera une année de transition, et on peut prévoir que l’économie passera de la reprise à l’expansion en 2022.

Ce numéro de l’Enquête sur la population active est encourageant. Même si l’augmentation de l’emploi a ralenti, le nombre total d’heures travaillées a grimpé de 1,2 % d’un mois à l’autre. Comme il avait déjà augmenté de 0,8 % le mois précédent, le gain d’heures travaillées s’élève à 14 % pour les quatre trimestres, en données annualisées. Le nombre d’heures travaillées est un des trois nouveaux « garde-fous » désignés par Ottawa pour décider quand il faut relâcher les mesures de stimulation. Les deux autres se sont aussi améliorés, le nombre de sans-emploi ayant baissé de 81 000, et le taux d’emploi, augmenté légèrement (de 0,1 point, jusqu’à 59,5 %, ce qui reste 2,3 points sous les niveaux d’avant la COVID). Les salaires horaires moyens ont de nouveau baissé légèrement, comme prévu. Ils restent toutefois solides, avec une progression de 5,0 % d’une année à l’autre.

Nous soupçonnons que les réductions d’emplois dans les secteurs de l’hébergement et, peut-être, du commerce de détail produiront davantage d’effet dans le rapport du mois prochain. En effet, les restrictions ont été considérablement resserrées juste après la période de référence de la présente enquête. Dans l’ensemble, le rapport est plus ferme qu’on ne s’y attendait. Il permet de croire que l’économie réagit un peu mieux que prévu aux premiers stades de la deuxième vague.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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