1 Juin 2020

Le confinement fait chuter le PIB du T1 au Canada

Le déclin du PIB au T1 frôle les records, mais reste sous l’estimation préliminaire

Les données publiées aujourd’hui sur le produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre (T1) ont suscité bien des lamentations, mais elles sont en fait meilleures que prévu. L’économie canadienne a régressé à un taux annualisé de 8,2 % au T1, alors que Statistique Canada avait prévu -10 %. Chaque secteur de l’économie a souffert de l’arrêt des activités, mais bien moins que la plupart des économistes ne s’y attendaient. En mars, le déclin était de 7,2 % au lieu des -9 % prévus.

Dans le contexte économique national et mondial inédit, Statistique Canada présente des indicateurs avancés de l’activité économique. Selon son « estimation éclair » pour avril, le PIB réel baissera de 11 %. Le chiffre sera révisé à mesure que des renseignements supplémentaires seront disponibles. Il semble toutefois déjà que les baisses de mars et avril seront les plus grands déclins mensuels consécutifs jamais enregistrés.

L’économie a touché le fond

Il apparaît de plus en plus probable que nous avons déjà passé le creux de ce ralentissement économique. Le PIB pourrait retrouver une trajectoire positive dès le mois de mai.

Ce ne sera pas suffisant pour éviter une chute historique de la production au T2 – sans doute plusieurs fois plus grande qu’au T1. Cependant, les données devraient se situer à l’extrémité plus « optimiste » de la plage de -15 % à -30 % que prévoyait la Banque du Canada dans son plus récent Rapport sur la politique monétaire. Les programmes d’aide gouvernementale pour ceux qui se sont retrouvés sans travail sont sans précédent. Le revenu disponible des ménages a même augmenté légèrement au T1 grâce aux transferts gouvernementaux, malgré la chute de l’activité économique. Comme les dépenses ont baissé en mars et avril, la hausse du revenu disponible a fait grimper le taux d’épargne. Nous sommes tous en train d’économiser en faisant nous-mêmes la cuisine et le ménage. Nous ne voyageons pas. Le magasinage est limité. Nous économisons aussi sur l’essence, les sorties, le coiffeur et les visites au centre de conditionnement. Voilà qui pourrait fournir des réserves qui alimenteront les dépenses, de sorte que l’économie remonte nettement au T3.

Il reste que les trois millions d’emplois perdus en mars et avril ne seront pas récupérés rapidement. Le déconfinement se fait seulement graduellement. Toute activité impliquant de grands rassemblements – tourisme, conférences, concerts, cinémas et sports – demeurera interdite jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin ou un traitement efficace. Les choses devraient s’améliorer, mais il faut prévoir que le taux de chômage restera élevé, à 8,5 %, jusqu’au T4 de cette année. Il est actuellement à 13 %.

Perspectives du marché de l’habitation

Le rapport Perspectives du marché de l’habitation de la SCHL publié cette semaine a suscité bien des réactions. Les prévisions pessimistes d’une chute de 18 % des prix des maisons, d’une reprise ne survenant pas avant 2022 et d’un taux de versements en retard de 20 % ont fait les manchettes. Les acheteurs d’une première maison ont été prévenus que l’habitation n’est plus un investissement judicieux, du moins pas sur un horizon de trois ans. Cependant, les données de la SCHL elle-même montrent que les prix des maisons ont augmenté d’en moyenne 5 % par année depuis 25 ans. Même si personne ne devrait compter uniquement sur sa maison pour assurer sa retraite, une maison est encore un des rares investissements qui peut aussi être utilisé. Les consommateurs achètent une maison pour de nombreuses raisons au-delà de l’accumulation de richesse. Pour de nombreux acheteurs, la fierté du propriétaire et le choix de mode de vie sont des facteurs prédominants.

Autre nouvelle de la semaine, le gouverneur de la Banque du Canada a fait valoir que les prophètes de malheur étaient excessivement pessimistes. À son avis, l’économie se redressera de son coma artificiel bien plus vite qu’ils ne le craignent. Évidemment, nous n’avons pas de boule de cristal et nous n’avons jamais vécu une récession pandémique. Nous émergerons de l’abîme, même si nous n’avons sans doute pas fini de souffrir. Des travailleurs continuent de perdre leur emploi, et de nombreuses entreprises continuent de sombrer. L’éventuelle reprise dépendra de la mesure dans laquelle le nombre d’infections continue de baisser et de l’apparition ou non d’une deuxième vague d’infections.

Cependant, les prix du pétrole ont grimpé, ce qui fera grand bien à l’Alberta, et certaines données de haute fréquence se sont améliorées. Les marchés boursiers ont remonté, et les taux d’intérêt ont diminué, le taux des tests de résistance hypothécaire ayant baissé à 4,94 %. Les taux hypothécaires réels sont presque aussi bas que jamais, et ils le resteront sans doute dans l’avenir prévisible.

Avec le temps, l’immigration au Canada redémarrera, et les étudiants étrangers reviendront. De nouvelles entreprises fleurissent déjà, et de nombreux secteurs continueront de progresser. Pour ne citer qu’eux, nous voyons un essor se dessiner dans les domaines de la télémédecine, de l’intelligence artificielle, de l’analyse de mégadonnées, des services d’infonuagique, de la cybersécurité, du 5G, du divertissement à domicile, de toutes choses virtuelles, du conditionnement physique à domicile, des rénovations-bricolage, de fait de toutes sortes de bricolage.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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