31 Août 2020

Le PIB du Canada baisse au T2 mais remonte depuis avril

L’économie canadienne fait un plongeon record au T2

Le PIB réel du Canada a plongé de 11,5 % au deuxième trimestre, soit -38,7 % en taux annualisé. C’est le pire recul trimestriel de tous les temps (voir le graphique ci-dessous). Le PIB avait déjà baissé de 8,2 % au T1. Le gros de la contraction est survenu au début du trimestre, quand les mesures de confinement de mars et avril ont chambardé l’activité. Depuis lors, l’économie a montré des signes de reprise étonnamment forts.

Statistique Canada a indiqué aujourd’hui que le PIB a augmenté de 6,5 % en juin, après l’avoir fait de 4,8 % en mai, et l’organisme prévoit une croissance de 3,0 % en juillet. Malgré tout, il faut prévoir que la reprise au Canada sera longue et difficile. Ce n’est assurément pas toutes les entreprises et tous les secteurs qui remonteront en même temps, et ce n’est pas tous les emplois qui seront retrouvés.

Le secteur du logement en est un qui s’illustre dans la reprise. L’activité y a fortement augmenté en juillet, à la faveur de taux hypothécaires extrêmement bas et d’une demande refoulée. Il semble que de nombreux Canadiens ayant été confinés à la maison reconsidèrent leurs besoins. La demande de logements plus grands est forte, surtout en banlieue – proche ou lointaine.

Presque tous les secteurs de l’économie ont été grandement touchés au T2. Les dépenses des ménages ont chuté de 43 %, et les investissements des entreprises se sont effondrés, baissant de 57 % en taux annuel. La lutte contre le virus a été un facteur dans les deux cas, et la chute des prix pétroliers a exacerbé le déclin des investissements dans les hydrocarbures. Seules les exportations nettes ont apporté une hausse dans l’activité économique, mais uniquement parce que les importations ont baissé davantage que les exportations, du fait que les consommateurs confinés et les entreprises fermées n’avaient guère besoin de produits importés.

D’une année à l’autre, les augmentations de juin et juillet feront que le PIB aura baissé de 5 %, soit sensiblement moins que prévu, mais quand même plus que la baisse de -4,7 % constatée lors de la crise financière. La remontée – record – de juin reflète la réouverture graduelle de l’économie. Le commerce de détail, le commerce de gros et le secteur manufacturier pointaient en tête. Le commerce de détail a bondi de 22,3 % en juin, surpassant son niveau d’activité d’avant la pandémie. Les concessionnaires de véhicules automobiles ont contribué le plus à la croissance.

Après avoir enregistré un bond de 17,3 % en mai, le secteur de la construction a crû de 9,4 % en juin, alors que l’assouplissement continu des restrictions d’urgence au pays a contribué à un retour presque à la normale de l’activité dans les chantiers de construction. La construction résidentielle a progressé de 7,1 %, les augmentations observées dans la construction de logements multifamiliaux et les travaux de transformation et d’amélioration des maisons ayant plus que compensé la baisse dans la construction de logements unifamiliaux. La construction non résidentielle a augmenté de 11,0 % pour atteindre un niveau d’activité supérieur à celui d’avant la pandémie, les trois composantes ayant enregistré des hausses.

Le secteur des services immobiliers et services de location à bail a progressé de 2,5 % en juin. Après avoir augmenté de 56,4 % en mai, les activités des bureaux d’agents et de courtiers immobiliers ont grimpé de 65,2 % en juin, alors que l’activité de revente de maisons a enregistré une hausse d’au moins 10 % dans tous les grands centres urbains. La production des agents et des courtiers immobiliers était à environ 7 % en deçà du niveau d’avant la pandémie, mais d’autres données indiquent qu’elle était en forte hausse en juillet, jusqu’à atteindre de nouveaux sommets.

Le gouvernement a pris des mesures qui étaient bien nécessaires pour amortir le coup

Le revenu disponible des ménages a monté en flèche au dernier trimestre malgré la pandémie, grâce au soutien du revenu assuré par le gouvernement (voir le graphique ci-dessous). L’augmentation du revenu, alors que les dépenses de consommation étaient en chute et que les versements hypothécaires ont été reportés pour de nombreux consommateurs, a entraîné une forte hausse du taux d’épargne. Le taux d’épargne des ménages a en effet bondi jusqu’à 28,2 %, alors qu’il était de 7,6 % au trimestre précédent. Les taux d’épargne sont en général plus élevés pour les personnes aux revenus supérieurs.

En somme

L’effondrement de l’activité économique au deuxième trimestre a été terrible, mais pas autant que le prévoyait la Banque du Canada (-43 %) dans son plus récent Rapport sur la politique monétaire. Ensuite, la reprise, depuis la fin d’avril, a été plus forte que prévu, surtout dans le secteur du logement. Assurément, le marché du travail reste très faible, avec un taux de chômage de 10,9 % en juillet. Cependant, les nouveaux programmes annoncés la semaine passée par le gouvernement fédéral pour remplacer la PCU faciliteront la transition pour ceux qui sont encore à la recherche d’un emploi.

La possibilité d’une résurgence du virus continue de poser un risque, à moins qu’un vaccin efficace devienne disponible. L’économie tournera en dessous de ses capacités jusqu’à l’an prochain, mais peut-être pas tant en dessous qu’on n’a pu le craindre.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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