2 Juil 2020

Le PIB du Canada plonge en avril et remonte légèrement en mai

L’économie canadienne a plongé de 11,6 % en avril

Le confinement dû à la pandémie a plongé tous les secteurs de l’économie dans un coma artificiel. Il était donc évident que le premier mois complet de paralysie serait douloureux. Les estimations prévoyaient même une chute de l’activité économique de plus que les 11,6 % rapportés aujourd’hui par Statistique Canada (voir le graphique ci-dessous). La contraction d’avril fait suite à celle de 7,5 % en mars. L’ensemble des 20 secteurs d’activité de l’économie canadienne ont été déprimés, ce qui a entraîné la plus forte baisse mensuelle depuis le début de la série statistique en 1961.

Les secteurs des services ont baissé de 9,7 %, le commerce de détail et les transports étant les plus touchés. Pour les secteurs des biens, le recul est de 17 %. À la fin d’avril, l’économie se situait 18,2 % sous le niveau de février, le mois avant que les mesures liées à la COVID-19 soient prises.

Rien de tel ne s’était produit de notre vivant. Nous sommes en territoire inconnu, et le virus déterminera comment l’économie va évoluer. Les responsables des politiques du Canada ont agi judicieusement pour amortir le coup du confinement et de ses répercussions durables sur l’économie. Fait à noter, le Canada a vu le nombre de cas diminuer constamment grâce aux mesures de confinement imposées. En revanche, il y a eu une flambée désastreuse de cas de COVID dans une vingtaine d’États américains où l’économie a été rouverte prématurément et les mesures de santé publique ont été terriblement mal gérées. Il est toutefois crucial d’éviter de présumer que le pire est passé et de relâcher notre vigilance. L’Organisation mondiale de la santé a prévenu hier que le pire était en fait à venir. Au demeurant, on ignore encore quand un vaccin sera disponible, et le Canada reste exposé à une contamination véhiculée par des camionneurs américains et des voyageurs, et à une propagation du virus si nous retournons trop vite à la normale.

Les points saillants suivants se dégagent au sujet de la contraction économique d’avril :

  • Le transport aérien a chuté de 93,7 %, avec une baisse du volume des mouvements tant de biens que de passagers.
  • Les services d’hébergement et de restauration ont baissé de 42,4 % en avril, après avoir déjà reculé de 37,1 % en mars. Depuis février, le recul atteint non moins de 64 %.
  • L’immobilier a diminué de 3,5 % en avril, après un recul de 1,2 % en mars. Les activités des bureaux d’agents et de courtiers immobiliers ont chuté de 57,2 % en avril alors que l’activité de revente de maisons a cessé dans presque tous les grands centres urbains.
  • Les services personnels et les services de blanchissage (salons de coiffure, salons de beauté, salons funéraires, services de blanchissage, etc.) ont diminué de 39,3 %, tandis que les ménages privés (femmes de chambre, cuisiniers, jardiniers, etc.) ont reculé de plus du tiers.

Heureusement, Statistique Canada a affirmé aujourd’hui que selon les données provisoires, le PIB réel aurait augmenté d’environ 3,0 % en mai. La production dans plusieurs secteurs, y compris la fabrication, le commerce de détail, le commerce de gros et le secteur public (enseignement, soins de santé et administrations publiques), a augmenté en mai. Les activités ont commencé à reprendre graduellement par phases dans différentes régions du pays.

Les consommateurs soutiennent l’économie

Sur une note plus positive, les économistes de la Banque Royale ont affirmé hier que les dépenses personnelles ont connu une forte reprise depuis le début d’avril. C’est ce qu’indiquent les achats par carte de débit ou de crédit (voir le graphique ci-dessous). Le 16 juin, les volumes globaux de transactions étaient remontés à 2 % près aux niveaux d’un an plus tôt. La réouverture en cours au pays a stimulé les dépenses dans des magasins de vêtements et pour des services personnels tels que coiffure et massages. Selon les premières indications, le magasinage en ligne reste populaire malgré l’ouverture des magasins traditionnels.

La réouverture de l’économie, combinée au soutien du revenu fourni par le gouvernement fédéral, a stimulé la confiance des consommateurs et les dépenses. La Prestation canadienne d’urgence (PCU) donne 2000 $ par période de quatre semaines aux consommateurs admissibles qui ont cessé de travailler en raison de la COVID. Le premier ministre Trudeau a récemment annoncé une prolongation de la PCU, de 16 semaines à 20 semaines.

La confiance des consommateurs a grimpé neuf semaines de suite, selon l’Indice de confiance canadienne Bloomberg Nanos, une mesure composite hebdomadaire de la santé financière et des attentes économiques. L’indice est actuellement à 46 points, soit presque 10 de plus qu’au début de mai. Il s’approche graduellement du seuil de 50 points à partir duquel on considère que la situation est globalement positive.

Il reste qu’un problème imprévu est apparu, la PCU ayant un effet de désincitation au travail. Si un bénéficiaire gagne plus de 1000 $ par mois en travaillant, il perd la totalité du paiement de 2000 $. En outre, pour certains, la PCU rapporte davantage que ce qu’ils gagnaient au travail. Ils sont donc réticents à reprendre leur emploi lorsque leur entreprise relance son activité. Les restaurants, les commerces de détail, les services de nettoyage et les services non spécialisés ont d’autant plus de difficulté à récupérer leurs travailleurs. Il faudrait que le gouvernement commence à réduire le soutien financier direct, alors qu’il a au lieu prolongé les paiements jusqu’à la fin d’août.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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