8 Sep 2020

L’emploi continue de progresser au Canada en août

Le Canada a récupéré deux tiers des emplois perdus à cause de la pandémie

Les résultats de l’Enquête sur la population active (EPA) d’août, qui viennent d’être publiés par Statistique Canada, rendent compte de la situation du marché du travail pendant la semaine allant du 9 au 15 août, cinq mois après le début de la crise économique liée à la COVID-19. À la mi-août, les restrictions en matière de santé publique avaient été considérablement assouplies partout au pays, et davantage d’entreprises et de lieux de travail avaient rouvert.

L’emploi a continué de rebondir en août, avec une augmentation nette de 246 000 emplois. Le rythme a toutefois ralenti, par rapport au gain de 419 000 en juillet et de 953 000 en juin. Ce ralentissement était prévu, l’effet initial de l’atténuation des mesures de confinement, au printemps, ne pouvant que s’affaiblir à l’été.

La bonne nouvelle est que 84 % des gains de l’emploi en août concernent les emplois à temps plein. Les emplois à temps partiel avaient connu une forte hausse en juillet. L’emploi à temps plein s’est situé en août à 93,9 % des niveaux d’avant la pandémie, comparativement à 96,1 % pour le travail à temps partiel. Au cours des mois précédant la crise économique liée à la COVID-19, l’emploi à temps plein avait atteint des sommets, tandis que l’emploi à temps partiel était relativement stable. Par rapport à 12 mois plus tôt, l’emploi à temps plein était en baisse de 5,4 % en août, et l’emploi à temps partiel, de 5,1 %. Une part plus élevée des employés à temps partiel préféreraient un emploi à temps plein. Les heures travaillées ont augmenté davantage que le nombre d’emplois en août – mais elles restent davantage sous les niveaux de février (-8,6 %) que ne l’est le nombre d’emplois (-5.7 %).

La progression de l’emploi en août a porté l’emploi à 1,1 million (-5,7 %) de son niveau de février, avant la COVID-19. C’est ainsi deux tiers des emplois perdus qui ont été récupérés.
Le nombre de Canadiens qui étaient en emploi mais qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles pour des raisons probablement liées à la COVID-19 a diminué de 259 000 (-14,6 %) en août. Combiné avec les baisses enregistrées en mai, juin et juillet, ce recul a ramené les absences liées à la COVID-19 à 713 000 (+88,3 %) au-dessus du niveau de février.

Au cours de la semaine allant du 9 au 15 août, le nombre total de travailleurs canadiens touchés par la crise économique liée à la COVID-19 était de 1,8 million. En avril, ce nombre a atteint un sommet inégalé de 5,5 millions, et comprenait une baisse d’emploi de 3,0 millions ainsi qu’une augmentation de 2,5 millions des absences de travail associées à la COVID-19.

Le nombre de Canadiens travaillant à domicile diminue pour un quatrième mois consécutif. En avril, au plus fort de la crise économique liée à la COVID-19, 3,4 millions de Canadiens qui ont travaillé leurs heures habituelles se sont adaptés aux restrictions en matière de santé publique en commençant à travailler à partir de leur domicile. Ce nombre a diminué chaque mois depuis mai, lorsque l’assouplissement graduel des restrictions en matière de santé publique a commencé. Il était de 2,5 millions en août.

Parmi les Canadiens ayant travaillé leurs heures habituelles en août, le nombre total ayant travaillé à partir de leur domicile a diminué de près de 300 000 par rapport à juillet, tandis que le nombre ayant travaillé à un endroit autre que leur domicile a augmenté de près de 400 000.

Le taux de chômage a continué de baisser en août

Le taux de chômage a diminué de 0,7 point de pourcentage pour s’établir à 10,2 % en août. En raison de la crise économique liée à la COVID-19, le taux de chômage a plus que doublé, passant de 5,6 % en février à un sommet inégalé de 13,7 % en mai. À titre de comparaison, pendant la récession de 2008-2009, le taux de chômage est passé d’un creux de 6,2 % en octobre 2008 à un sommet de 8,7 % en juin 2009. Il a alors fallu environ neuf ans pour que le taux de chômage revienne à son taux d’avant la récession.

En août, la diminution la plus forte du taux de chômage a été observée chez les femmes du principal groupe d’âge actif (de 25 à 54 ans), en baisse de 1,2 point de pourcentage pour s’établir à 7,5 % – ce qui représente le taux de chômage le plus bas parmi tous les principaux groupes d’âge. Cette baisse est en grande partie attribuable à la croissance de l’emploi, le taux d’activité global étant inchangé par rapport à juillet. Le taux de chômage chez les hommes du principal groupe d’âge actif a diminué de 0,7 point de pourcentage pour s’établir à 8,1 %; cette baisse découle aussi de la croissance de l’emploi, la participation au marché du travail étant presque inchangée.

La croissance de l’emploi dans le secteur des services continue de surpasser celle du secteur des biens. La croissance de l’emploi dans le secteur des services est principalement attribuable aux hausses enregistrées dans les services d’enseignement, dans les services d’hébergement et de restauration ainsi que dans les « autres services ». Dans le secteur des biens, les augmentations enregistrées dans la fabrication ont été en partie contrebalancées par les baisses observées dans les ressources naturelles.

Les services d’hébergement et de restauration ainsi que le commerce de détail ont été parmi les secteurs les plus durement touchés au début de la crise économique liée à la COVID-19. En avril, l’emploi dans les services d’hébergement et de restauration avait baissé jusqu’à la moitié (-50,0 %) de son niveau d’avant la pandémie, tandis que dans le commerce de détail, il avait reculé à jusqu’à 77,1 % de son niveau d’avant la COVID-19. À compter de mai, l’emploi a progressé dans les deux secteurs alors qu’un grand nombre de provinces ont commencé à relancer leur économie.

L’emploi dans les services d’hébergement et de restauration a progressé de 18,4 % par mois en moyenne de mai à juillet. En août, toutefois, la croissance dans le secteur a ralenti pour s’établir à 5,3 % (+49 000). En dépit de ces récentes hausses, l’emploi dans les services d’hébergement et de restauration restait à 78,9 % de son niveau de février. Le mois d’août a été le cinquième mois complet de restrictions en matière de voyages internationaux, qui continuent d’avoir des répercussions sur les secteurs qui dépendent étroitement du tourisme.

Le nombre de personnes en emploi dans le commerce de détail a augmenté de 0,7 % (+14 000) en août, après avoir enregistré des hausses mensuelles moyennes de 6,3 % au cours des trois mois précédents. L’emploi dans le commerce de détail a atteint 93,4 % de son niveau d’avant la COVID-19, mais il s’est situé un peu sous le taux de reprise de l’emploi total (94,3 %).

Bien que l’emploi soit demeuré en deçà des niveaux d’avant la COVID-19, les ventes au détail enregistrées en juin ont été supérieures à celles de février. Elles devraient continuer d’augmenter en juillet, selon les estimations provisoires. Cela met en évidence des changements structurels potentiels au sein du secteur puisque les employeurs ont été en mesure d’augmenter leurs ventes malgré une diminution de leur effectif.

L’emploi a augmenté dans la plupart des provinces en août, particulièrement en Ontario et au Québec

L’emploi en Ontario a augmenté de 142 000 en août (+2,0 %), et cette hausse est presque entièrement survenue dans le travail à temps plein. Le taux de chômage dans la province a diminué de 0,7 point de pourcentage pour s’établir à 10,6 %. Combinée avec les augmentations de juin et de juillet (+529 000), la hausse de l’emploi enregistrée en août a ramené l’emploi en Ontario à 93,6 % de son niveau d’avant la pandémie.

Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Toronto, l’emploi a progressé de 121 000 (+3,8 %), ce qui représente près du double du taux de croissance de la province, et a atteint 93,3 % de son niveau d’avant la pandémie.

Au Québec, l’emploi a augmenté de 54 000 (+1,3 %) en août. Cette hausse fait suite aux augmentations de 576 000 enregistrées au cours des trois mois précédents, et a ramené l’emploi dans la province à 95,7 % de son niveau d’avant la COVID-19.

Dans la RMR de Montréal, l’emploi a progressé de 38 000 (+1,8 %) en août et a atteint 96,0 % de son niveau d’avant la pandémie.

L’emploi a augmenté dans la plupart des provinces de l’Ouest en août. La Colombie-Britannique a enregistré la progression la plus marquée, en hausse de 15 000 (+0,6 %). L’emploi a atteint 94,1 % de son niveau de février, et le taux de chômage a diminué de 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 10,7 %.

Bien que l’emploi ait peu varié en Alberta, le taux de chômage dans cette province a diminué d’un plein point de pourcentage pour s’établir à 11,8 %, en raison de la baisse du nombre de personnes à la recherche d’un emploi.

Dans les provinces de l’Atlantique, la progression de l’emploi a été la plus forte en Nouvelle-Écosse en août, en hausse de 7200 (+1,6 %), principalement dans le travail à temps partiel. Le taux de chômage a toutefois peu varié, s’établissant à 10,3 %, vu l’augmentation du nombre de Néo-Écossais actifs sur le marché du travail. Après avoir enregistré des augmentations notables en mai et en juin, l’emploi au Nouveau-Brunswick est demeuré stable pour un deuxième mois consécutif.

En somme

Ce rapport sur l’emploi est positif, même si le nombre d’emplois n’a pas augmenté autant que les mois précédents. La reprise de l’emploi au Canada a surpassé celle des États-Unis, ramenant deux tiers des emplois perdus, contre seulement 50 % au sud de la frontière. Les travailleurs les plus durement touchés sont ceux à faible revenu et les jeunes, ce qui explique pourquoi l’activité a été si forte sur le marché du logement. Les travailleurs à faible revenu et les jeunes ne sont en général ni propriétaires ni vendeurs de maisons. Par ailleurs, les dépenses de consommation se sont raffermies au Canada, retrouvant presque les niveaux d’avant la COVID. Les dépenses consacrées au divertissement, aux sorties au restaurant et aux soins personnels ont augmenté récemment, en même temps que davantage d’entreprises reprenaient leurs activités. Elles sont presque revenues à leur niveau d’un an plus tôt. Les dépenses totales sur carte de crédit ou de débit sont en hausse d’environ 5 % par rapport à la même période l’an dernier. Les Canadiens sortent davantage de la maison et de leur propre localité, mais ne vont pas beaucoup plus loin.

Selon RBC :

  • Les dépenses en ligne restent répandues dans certains domaines (p. ex., épiceries), mais les transactions en personne continuent de remonter.
  • L’analyse des dépenses indique que les Canadiens sont à l’aise de sortir au restaurant, même si c’est pour rester sur une terrasse. Les dépenses dans les restaurants ont été gonflées par la volonté des Canadiens de sortir pour manger. Elles n’étaient qu’un peu plus de 4 % plus basses qu’un an plus tôt.
  • La part des transactions en ligne aux restaurants a baissé à 17 %, après avoir atteint un tiers après le début de la crise.
  • Les dépenses en soins de santé et soins personnels ont augmenté jusqu’à la mi-août, alors que la réouverture des gymnases a entraîné une augmentation des dépenses sur la mise en forme.
  • Les dépenses pour le divertissement ont encore augmenté en août, jusqu’à 10 % sous le niveau de l’année passée.
  • Le niveau des dépenses a été étayé par les montants consacrés au golf et aux produits numériques, qui sont restés conséquents – surtout pour le golf.
  • Plus récemment, les Canadiens ont recommencé à consacrer des dépenses aux sports professionnels, aux loteries, aux passe-temps et aux attractions locales.

Les données récentes des chambres immobilières de Toronto et de Vancouver révèlent une forte activité de vente et une pression haussière persistante sur les prix. Les données de l’Association canadienne de l’immeuble pour l’ensemble du pays seront publiées le 15 septembre. Elles ajustent les données sur les prix en fonction des types de maisons vendues, ce qui permet de mieux comprendre l’évolution des prix.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

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