16 Juin 2020

Les ventes et les nouvelles inscriptions résidentielles récupèrent en mai le tiers des pertes dues à la pandémie

Gains records des inscriptions et des ventes résidentielles au Canada en mai

Les nouvelles sont bonnes aujourd’hui pour le marché de l’habitation. Les ventes ont fait un bond record de 56,9 % en mai, après l’effondrement inédit d’avril. Selon les données publiées aujourd’hui par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les ventes résidentielles nationales ont récupéré environ le tiers des pertes causées par la COVID entre février et avril (voir le graphique ci-dessous). Par rapport à un an plus tôt, les ventes sont encore presque 40 % plus bas, mais leur envol et la montée encore plus forte des nouvelles inscriptions montrent qu’il y a une demande latente sur le marché, alors que les acheteurs veulent profiter des taux hypothécaires historiquement bas.

Les transactions étaient en hausse d’un mois à l’autre partout au pays. Sur les plus grands marchés canadiens, les ventes ont augmenté de 53 % dans le Grand Toronto, de 92,3 % à Montréal, de 31,5 % dans le Grand Vancouver, de 20,5 % dans la vallée du Fraser, de 68,7 % à Calgary, de 46,5 % à Edmonton, de 45,6 % à Winnipeg, de 69,4 % à Hamilton-Burlington et de 30,5 % à Ottawa. En toute logique, les villes où les gains sont moins marqués avaient aussi connu les déclins les plus faibles ces derniers mois.

Plus encore, selon certaines données, l’activité sur le marché de l’habitation a augmenté constamment depuis la mi-avril jusqu’à la première semaine de juin.

Nouvelles inscriptions

Le nombre de nouvelles inscriptions a fait un bond record de 69 % en mai par rapport au mois précédent. Des gains ont été enregistrés dans tout le pays.

Étant donné que les nouvelles inscriptions ont récupéré davantage que les ventes en mai, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions au pays a baissé à 58,8 %, comparativement à 63,3 % en avril. Bien que cet indicateur ait baissé légèrement, l’équilibre du marché est resté remarquablement stable dans son ensemble, compte tenu de l’ampleur des pressions économiques et sociales que subissent les acheteurs et les propriétaires-vendeurs.

On comptait 5,6 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de mai 2020, en baisse par rapport aux 9 mois enregistrés en avril. La hausse temporaire de cette mesure enregistrée en avril est attribuable au fait qu’une baisse immédiate des ventes était prévue en raison du confinement, alors qu’une diminution beaucoup plus lente était attendue pour d’autres variables, comme les inscriptions actives. Le rapport de l’ACI indique que bon nombre de propriétaires qui avaient mis leur propriété en vente avant la mi-mars ont gardé l’inscription active, tout en réduisant sensiblement le nombre de visites des maisons organisées durant le confinement. Bon nombre de ces inscriptions disparaissent maintenant du marché, de sorte que les inscriptions actives étaient en baisse d’environ un quart à la fin mai. Leur niveau actuel est ainsi un des plus bas jamais vus pour ce moment de l’année.

Prix des maisons

Les prix des maisons au Canada ont peu évolué en mai par rapport à avril. Sur les 19 marchés suivis par l’Indice des prix des propriétés MLS (IPP), 18 ont connu soit des augmentations depuis un mois, soit des diminutions plus faibles qu’en avril. Dans cinq marchés, les prix ont augmenté en mai après avoir baissé en avril (voir les données par marché dans le tableau ci-dessous).

Règle générale, depuis le début de la pandémie, de légères baisses des prix ont été enregistrées en Colombie-Britannique, et les tendances à la baisse qui étaient déjà présentes en Alberta se sont accentuées. Avec la récente remontée des prix du pétrole toutefois, les ventes ont de fait augmenté dans l’ensemble des Prairies, et les tendances touchant les prix se sont stabilisées.

Malgré la pandémie, les prix des maisons dans la région du Grand Golden Horseshoe, y compris Toronto, ont très peu baissé. Ils restent bien au-dessus du niveau d’un an plus tôt. À Ottawa, Montréal et Moncton, les prix ont continué de grimper, bien que ce soit plus lentement qu’auparavant.

En somme

La SCHL a récemment prédit que le prix moyen des maisons vendues au pays baissera de 9 % à 18 % en 2020, et pourrait ne retrouver le niveau de la fin 2019 qu’en 2022. Je continue de croire que cette prévision est excessivement pessimiste. D’abord, les prix de vente moyens sont trompeurs, surtout à l’échelle nationale, parce que les prix varient tellement selon la région ainsi que selon le type de propriété.

Il n’y a pas de marché national de l’habitation. Tous les marchés de l’habitation sont locaux. Le tableau 1 ci-dessus indique de grands écarts entre les régions dans l’évolution des prix de vente. On peut néanmoins constater que les tendances semblent converger vers une progression modérée des prix. La récession économique d’aujourd’hui ne ressemble à nulle autre. Les mesures de stimulation inédites prises par la Banque du Canada et le gouvernement fédéral préserveront le bon fonctionnement des marchés de l’habitation malgré les directives de distanciation sociale. Ceux qui ont un emploi stable prendront en temps et lieu leurs décisions en matière de logement.

Ceux qui ont perdu leur emploi sans espoir de le retrouver sont ceux qui suscitent des inquiétudes. Une bonne part d’entre eux travaillaient dans les secteurs économiques qui ont été le plus durement touchés et qui seront les plus lents à se rétablir, comme l’hébergement et la restauration, le commerce au détail non essentiel et les loisirs (arts, divertissements, activités récréatives). Les données du recensement de 2016 de Statistique Canada présentées dans le tableau ci-dessous indiquent que le pourcentage de ménages propriétaires de leur maison dans ces secteurs est relativement faible. Malheureusement, la plupart de ceux qui auront été le plus durement touchés par la pandémie sont aussi ceux qui ont le moins les moyens de s’en remettre. Voilà un problème que la politique budgétaire devra aborder, en prévoyant des investissements dans des programmes de recyclage professionnel et de garanties de revenu universelles.

Dr. Sherry Cooper

Dr. Sherry Cooper

Chief Economist, Dominion Lending Centres
Sherry is an award-winning authority on finance and economics with over 30 years of bringing economic insights and clarity to Canadians.

More Posts - Website

Follow Me:
TwitterFacebook

View all Nouvelles
  • À PROPOS DES CENTRES HYPOTHÉCAIRES DOMINION

    La plus grande compagnie d’hypothèque et de crédit-bail du Canada, avec plus de 2 300 experts répartis dans le pays, elle enlève les complications du processus hypothécaire, et vous simplifie la vie.
    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE
  • HYPOTHÈQUES COMMERCIALES

    Les centres hypothécaires Dominion entretiennent d’excellentes relations dans la communauté prêteuse avec les fonds de pension, les banques, les coopératives de crédit, les compagnies d’assurance vie, les sociétés fiduciaires, les institutions privées et les investisseurs privés.
    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE